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Avant

sunny -26 °C

« Et il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage. L’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses »
Milan Kundera

Posté par Pascalev 15:02 Archivé dans France Commentaires (0)

Paris je ne t'aime plus

By Leo Ferre

Paris en crêpe de Chine comme un chagrin d’asphalte
Et les trottoirs vaincus par la téléfaction
La foule qui va boire à la prochaine halte
Je m’arrête toujours pour voir passer les cons

Paris, je ne t’aime plus

Les guitares à Paris ne sont plus espagnoles
Elles jouent le flamenjerk branchées sur le secteur
Comment veut-tu petit danser la Carmagnole
Si t’as rien dans les mains, si t’as rien dans le cœur

Paris, je ne t’aime plus

Entends le bruit que font les Français à genoux
Dix ans qu’ils sont plié, dix ans de servitude
Et quand on vit par terre on prend des habitudes
Quand il s’lèveront nous resterons chez nous

Paris, je ne t’aime plus

Paris du 1er mai avec ses pèlerines
Et le beau syndicat qui reste à la maison
Ce sont les Marx Brothers oubliés par Lénine
En mil neuf cent dix-sept place de la Nation

Paris, je ne t’aime plus

Paris en manteau noir habillé par Descartes
A perdre son latin on met tout un quartier
Paris de la Sorbonne qu’ils ont pris pour un claque
Un étudiant en carte ça doit se visiter

Paris, je ne t’aime plus

Paris des beaux enfants en allés dans la nuit
Paris du vingt-deux mars et de la délivrance
O Paris de Nanterre, Paris de Cohn-Bendit
Paris qui s’est levé avec l’intelligence

Ah! Paris quand tu es debout
Moi je t’aime encore.

Posté par Pascalev 11:36 Archivé dans France Commentaires (0)

Petite prose du Transsibérien et de la petite jehanne de Fra

Transsibérien voyage en cours de construction

sunny -11 °C

J'étais très heureux, insouciant
Je croyais jouer au brigand
Nous avions volé le trésor de Golconde
Et nous allions, grâce au Transsibérien, le cacher de l'autre côté du monde
Je devais le défendre contre les voleurs de l'Oural qui avaient attaqué les saltimbanques de Jules Verne
Contre les khoungouzes, les boxers de la Chine
Et les enragés petits mongols du Grand-Lama
Alibaba et les quarante voleurs

Et les fidèles du terrible Vieux de la montagne
Et surtout contre les plus modernes
Les rats d'hôtels
Et les spécialistes des express internationaux.

Posté par Pascalev 03:17 Archivé dans Russie Tagué trannsiberian transsibérien cendrars Commentaires (0)

Cheminer

all seasons in one day 9 °C

«Je marche sans compter mes pas et je vais droit
Au bout du monde
Sur cette pauvre machine ronde
Rien ne me tente ici bas. Je ne crois
Qu'à l'amour».

Posté par Pascalev 04:27 Archivé dans France Commentaires (0)

L'autre face de la lune

Décentration-Japon

AWAODORIKOENJI 138

AWAODORIKOENJI 138

AWAODORI1_032.jpgAu Japon la lune se présente sur une face différente de celle que l'on peut voir depuis un pays Européen.Dans l'imagerie populaire on y vois un lapin faisant de la patte de mochi , ces gâteaux de riz que l'on mange au nouvel an.
En 1986 Claude Levi-Strauss donne trois conférences au Japon :«l’Anthropologie face aux problèmes du monde moderne» paru au Seuil.

"L'autre face de la lune" est un recueil d'écrits inédits sur le Japon.

L'anthropologue nourrissait une passion pour le Japon depuis sa plus tendre enfance.Son père collectionnais des estampes .

Extraits:

Il n’est certes pas besoin d’être anthropologue pour remarquer que le menuisier japonais se sert de la scie et du rabot à l’envers de ses collègues occidentaux: il scie et rabote vers soi, non en poussant l’outil vers l’extérieur. Le fait avait déjà frappé Basil Hall Chamberlain à la fin du XIXe siècle. Ce professeur à l’université de Tokyo, observateur sagace de la vie et de la culture japonaises, était un éminent philologue.

Dans son célèbre livre «Things Japanese», il enregistre le fait, en même temps que plusieurs autres, sous la rubrique Topsy-turvidom, que je traduis approximativement par «où tout est sens dessus dessous», comme une bizarrerie à laquelle il n’attache pas de signification particulière. En somme, il ne va pas plus loin qu’Hérodote remarquant, il y a plus de vingt-quatre siècles, que par rapport à ses compatriotes grecs les anciens Egyptiens faisaient tout à l’envers. De leur côté, des spécialistes de la langue japonaise ont noté comme une curiosité qu’un Japonais qui s’absente pour un court moment (mettre une lettre à la poste, acheter le journal ou un paquet de cigarettes) dira volontiers quelque chose comme «Itte mairimásu»; à quoi on lui répond «Itte irasshai». L’accent n’est donc pas mis, comme dans les langues occidentales en pareille circonstance, sur la décision de sortir, mais sur l’intention d’un prochain retour. De même, un spécialiste de l’ancienne littérature japonaise soulignera que le voyage y est ressenti comme une douloureuse expérience d’arrachement, et reste hanté par l’obsession du retour au pays. De même enfin, à un niveau plus prosaïque, la cuisinière japonaise, paraît-il, ne dit pas comme en Europe «plonger dans la friture» mais «soulever» ou «élever» (ageru) hors de la friture…

L’anthropologue se refusera à considérer ces menus faits comme des variables indépendantes, des particularités isolées. Il sera au contraire frappé par ce qu’ils ont de commun. Dans des domaines différents et sous des modalités différentes, il s’agit toujours de ramener vers soi, ou de se ramener soi-même vers l’intérieur. Au lieu de poser au départ le « moi » comme une entité autonome et déjà constituée, tout se passe comme si le Japonais construisait son «moi» en partant du dehors. Le «moi» japonais apparaît ainsi, non comme une donnée primitive, mais comme un résultat vers lequel on tend sans certitude de l’atteindre. Rien d’étonnant si, comme on me l’affirme, la fameuse proposition de Descartes: «Je pense, donc je suis» est rigoureusement intraduisible en japonais ! Dans des domaines aussi variés que la langue parlée, les techniques artisanales, les préparations culinaires, l’histoire des idées […], une différence, ou, plus exactement, un système de différences invariantes se manifeste à un niveau profond entre ce que, pour simplifier, j’appellerai l’âme occidentale et l’âme japonaise, qu’on peut résumer par l’opposition entre un mouvement centripète et un mouvement centrifuge. Ce schéma servira à l’anthropologue d’hypothèse de travail pour essayer de mieux comprendre le rapport entre les deux civilisations.

©«La Librairie du XXIe siècle», Seuil

Source: «le Nouvel Observateur» du 24 mars 2011.

Posté par Pascalev 09:40 Archivé dans Japon Tagué anthropologie Commentaires (0)

Je me voyage

Principe de ce nomadisme intérieur qui me rends libre

Avril n'est pas si loin : 5 mois.Il s'est passé tant et tant de choses avec en incipit le désastre de Fukushima.Désastre toujours en cours.
Je ne résiste pas à la tentation de penser aux prochains avions, trains, aéroports même si il est trop tôt pour déjà y penser.
J'écoute en écrivant ce billet une voyageuse intérieure et exilée illustre,intellectuelle cosmopolite sur le site de Philippe Sollers:

Julia Kristeva : remise en question des frontières intérieures , passages d'une langue à l'autre , l'étrangeté comme grâce.Je pense Akira Mizubayashi
dont les réflexions sur la langue mises en parallèles avec celles de Julia Kristeva donnent matière à réfléchir et me font revenir sur un passé si lointain ou dans ma chambre de bonne rue Soufflot je me voyait traducteur-interprète , prêt à sacrifier autant d'années que nécessaire .
Je ne suis pas allé bien loin mais il n'y a pas de regrets .

« Le français, dit Akira Mizubayashi est ma langue paternelle. » Voici donc un Japonais qui habite notre langue.

:
Sur France culture.

Posté par Pascalev 06:34 Archivé dans France Tagué langue Commentaires (0)

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