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De cet auteur: Pascalev

Monkichi Bentenzu

Shamisen

Posté par Pascalev 11:28 Archivé dans Japon Commentaires (0)

Fukuoka ballades

Une ville a redécouvrir

Trois séjours de deux semaines , le premier remonte a 2014, le dernier 2017.
Un réflexe Sony A200 achetè d`occasion su e-bay : mauvais choix , presque qu`aucune phot satisfaisante . Je reviendrais !
Cette fois je resserve une place en haut des Gradin et je film en plus des photos.Je m`équiperais en conséquence.Ce sera mon quatrième festival.
Un livre-photo en projet ; moitie argentique moitie numérique.
Je commence a bien connaitre la ville et son ambiance si spécifique.Ses habitants si excentriques par rapport a ceux du reste du Japon.
Ceux d`Osaka sont bien fantaisiste aussi mais il y`a ici un vrais grain de folie unique.
Il y a les lieux aussi , que je ne connais pas de façon exhaustive:

GOKUSHO:

Soufukuzen-j

i Temple
Initialement établi au mont Yokodake par Tanne Zenshi en l'an 1240 (ouvert par Daiou Kokushi), le temple Soufukuzen-ji a été déplacé et reconstruit à son emplacement actuel en 1601 par le seigneur féodal Kuroda Nagamasa. Sa porte de montagne était auparavant utilisée comme porte extérieure de la citadelle principale du château de Fukuoka.

-Le temple Saikōji / Icchoken est le premier temple de Komuso dans la région de Chikuzen. Il transmet la tradition de la flûte de bambou japonaise connue sous le nom de Shakuhachi (Hocchiku).

Katsuragi Jizo a été déterré à l'époque d'Engi. Ce Jizo est le protecteur de la famille et des affaires.

Nureginu Zuka la tombe d`une une fille, tuée par son père parce que sa belle-mère l`accusa d`avoir volé ses vêtements de pêche. Le proverbe japonais «fausse accusation d'être vêtu de vêtements mouillés» vient de cette histoire.

Tōchōjii

Le temple Tōchōjii a été fondé en 806 par Kōbō Daishi (Kūkai), de retour de Chine. C'est le plus vieux temple de Shingon au Japon. Il est également connu comme étant du clan Kuroda. Il est célèbre pour le Kannon en bois aux multiples armoiries , c`est un trésor national,le plus grand Boudha en bois du Japon.

HAKATA KOZU

le long du trottoir vous rencontrerez des étalages de matériaux historiques de Hakata. Ceux-ci incluent une vieille carte de période d'Edo d'Hakata qui a la route de Gion Yamakasa / Oiyama marquée à l'encre rouge dessus. Une autre carte ancienne montre une offrande votive au Sanctuaire Sumiyoshi. Il y a beaucoup d'endroits historiques intéressants.

Le quartier de la gare :

Le temple Ryuguji est célèbre pour sa légende de sirène. La légende raconte qu'une sirène a été piégée dans le filet d'un pêcheur et enterrée dans ce temple. Le nom Ryuguji vient de cette histoire.

Le temple Mangyoji est un temple Jodo-Shinshu construit en 1529. Le prêtre en chef dans la période Meiji, Shichiri Gojun était un prêtre notable de ce temple. A cause de lui, il y a un dicton japonais "Prêche pour Mangyouji à Hakata".
Shitateruhime Jinja est un sanctuaire de la branche de Sumiyoshi Shrine. Il a été adoré comme le dieu du mariage par le peuple Hakata depuis les temps anciens.

Et revoir Monkichi chanter avec son Shamisen au pont des rencontre:

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Posté par Pascalev 10:49 Archivé dans Japon Tagué fukuoka Commentaires (0)

Hakata-Gion-Yamakasa-Matsuri

Le festival des courses se chars décorés de Fukuoka une fête millénaire

sunny

A l`origine , le festival des chars décorés est une fête propitiatoire qui rendait hommage a un moine ayant réussi a chasser une épidémie de la ville de Hakata il y` a plus de 770 ans . Hakata était alors une ville portuaire et Fukuoka n` existait pas encore.Depuis c`est devenu un quartier parmi les autres de la plus grande agglomération de l`ile de Kyushu au sud du Japon.
C`est donc dans le but de débarrasser la ville de mauvais sorts, tels que épidémies ou intoxications alimentaires, qui menaceraient la vie des citadins que les chars , porteurs de Kamis parcouraient ses quartier tout en aspergeant d`une eau purificatrice . Une signification religieuse dont les traces sont encore perceptible aujourd’hui`hui : le premier jour du festival (Le 7 juillet , le festival dure une semaine , le 14 juillet étant le jour ultime ou la course des chars bat son plein et se termine au temple de Kushida au sein duquel est désigne l`équipe gagnante) tous les participants se rende au sanctuaire de Fukuoka et viennent prendre une poignée de sable placée dans un petit panier d`osier élaboré spécialement pour cette occasion par les membres du sanctuaire . C`est le jour du ''Shiotori'' (mot a mot ''Ramassage du sel''). Le sel est un élément purificateur que l`on retrouve partout au Japon: place a l`entrée des maison et jeté au sol avant le combat chez les Sumos.
Ici , le sable remplace le sel symboliquement mais les porteurs de char prennent bel et bien un pincée de sel ,un morceau de poisson séché et un bout d`algue accompagne de saké au sanctuaire qui se trouve a 600 mètres du lieu ou le sable est recueilli.
Sur ce petit bout de plage les hommes viennent se recueillir un court instant face au soleil avant de prendre une poignée de sable.L`aspect religieux du festival est ainsi visible dans ces petits rituels qui perdurent.Les jours suivants ,les hommes vont au temple tôt le matin avant de s`entrainer dans les rues de leurs quartier respectifs.Chaque jours est l`occasion de rituels différents et les équipes qui sont reparties selon leurs quartiers ont chacune leurs temple et leurs codes.
HAKATA une ville portuaire du Japon du sud

Hakata, une des plus anciennes cités japonaises, se trouve au Sud-Ouest de l’archipel, en face de la péninsule coréenne (Pusan est a deux heures de Ferry). À l’époque de Nara (710-784), une maison spéciale appelée « Korokan » fut construite aux environs de Hakata, afin de recevoir les missions diplomatiques venant de Chine et de Corée. Les principales activités politiques et économiques couvrant le Sud-Ouest du Japon se déroulaient à Dazaifu, a vingt kilomètres au sud de Hakata qui n’était alors qu’un village de pêcheurs. Elle ne deviendra cité marchande qu` à la fin de l’époque de Heian, sous le règne de Taira Kiyomori (1118-1181). Envisageant l’intensification du commerce extérieur avec la Chine, il encouragea le développement de Hakata. Un temple bouddhiste appelé « Shôfuku-ji » y fut construit en 1195, suivi d’un autre temple, « Jôten-ji » en 1242. Eisai, qui construisit le temple Shohuku-ji fut aussi le premier à introduire le zen et le thé au Japon. Ce prêtre bouddhiste était à la fois un rénovateur culturel et un commerçant international. Hakata se trouvait au carrefour des idées et des marchandises nouvelles venant de Chine, de Corée et de Kyoto.large_HAKATA.jpg

Hakata était une cité portuaire ouverte aux voyageurs, un grand nombre de commerçants étrangers y vinrent, dont des missionnaires Portugais. Ces derniers, savants de premier ordre, ne manquèrent pas de noter la prospérité de la cité, les coutumes et l’organisation sociale. Luis Frois (1537-1597), par exemple, qui resta au Japon pendant une trentaine d’années, admira la prospérité de Hakata dans son grand ouvrage sur l’histoire du Japon (Frois : 1976 (1) : 114-115) :

À cette époque, dans toutes les régions du Ximo (l’île de Kyushu), il n’y avait pas de cité aussi noble et aussi riche que Facata, dans toute la république des marchands, qui ne voulut imiter la noble cité de Sakai.
certaines caractéristiques de la fête décrites par Frois peuvent encore être observées aujourd’hui : l’appellation de la fête de Gion, la construction annuelle des chars et leur défilé dans la ville, le rassemblement exalté des citadins, l’exercice de l’autorité des aînés sur les jeunes, etc. Certaines questions s’imposent néanmoins : comment l’organisation de la fête s’est-elle constituée ? Qui la finacait ? Quel rôle cette fête a-t-elle joué pour le développement économique et social de la ville ? Pour répondre à ces questions, nous devons prendre en compte l’organisation sociale de la cité de Hakata au temps pré-moderne. Cette dernière était alors étroitement liée à l’organisation religieuse à la base de cette très coûteuse fête annuelle.
Hier comme aujourd’hui, Hakata se déploie sur un terrain d’un kilomètre de long et d’un kilomètre de large entouré d’eau. Deux rivières la ceignent à l’est et à l’ouest. Au nord se trouve la baie de Hakata, autrefois propice aux trafics fluviaux. Au sud, un fossé artificiel fut creusé pour la protéger.

La prospérité de Hakata dépendait d’abord de sa situation géographique – en face de la péninsule coréenne. Cette position privilégiée fit de Hakata la cité marchande où aucun seigneur (samurai) n’essaya de régner de façon directe, sachant que les activités libres des commerçants lui procuraient de grands profits. En revanche, la cité devint la cible des seigneurs qui voulaient imposer leur tutelle pour en tirer des bénéfices. Hakata fut régulièrement attaquée durant la période de guerres interieures (1476-1600). Et ce fut Toyotomi Hideyohi, unificateur du Japon à la fin de cette période, qui rétablit l’ordre qui allait subsister durant toute l’époque d’Edo (1600-1868).
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Hideyoshi rédigea un avis officiel composé de neuf chapitres, qui ordonnait les activités commerciales de la cité : interdiction de résidence pour le samurai, libre circulation des commerçants et libre échange des marchandises, baisse des impôts et exemption de la corvée. Il établit en même temps un plan de réaménagement urbain : il fit construire sept boulevards qui traversèrent la cité de long en large et fit édifier les sept temples Kan’on et sept temples Odô pour la prière journalière. Par là, Hideyoshi voulait structurer la vie matérielle et spirituelle des citadins. En effet, ces sept boulevards devinrent à la fois la base de l’infrastructure de Hakata et l’armature de la vie sociale et religieuse de ses habitants.
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Comme un char pèse environ une tonne et que les hommes ne peuvent le porter que pendant plus de 30 secondes, ceux qui le portent et le poussent se remplacent tout en courant. Il faut en moyenne un millier de participants par char.
À l’époque d’Edo, la base de la vie des citadins de Hakata résidait dans le cho (la communauté). Le cho(町) se composait en moyenne d’une trentaine de maisons, c’est-à-dire environs deux cents cinquante personnes. C’était dans le cho qu’une personne naissait, vivait et mourrait. Le cho avait plusieurs fonctions : enregistrement de la naissance et de la mort de ses membres ; publication de toutes sortes d’attestations ; fixation et collecte des impôts de chaque maison ; stockage du riz pour parer à l’imprévu. Au temps pré-moderne, la classe dominante se contentait de collecter les impôts du peuple, en leur laissant une certaine autonomie ; mais en échange de cette autonomie, la population s’engageait à construire et maintenir l’infrastructure de la cité. C’était donc le cho qui prenait en charge le maintien et la réparation de la portion de boulevard, de rue, le pont et le port qui faisaient partie de son territoire. Le cho devait également gérer le puits commun et nettoyer le fossé pour évacuer les eaux d’égout. En cas d’incendie, c’était le groupe des jeunes de chaque cho qui devait l’éteindre. Enfin, à la frontière de chaque cho, une petite porte était construite qui devait être fermée pendant la nuit.

NAGARE

==流れ==

Sur chaque char est inscrit le nom du quartier auquel il appartient suivi de Nagare (littéralement : couler/courant, au sens de rivière qui coule).
il existait une autre organisation hiérarchiquement supérieure qui couvrait plusieurs cho ; c’était le nagare, au sens figuré, « le boulevard ». L’appellation « boulevard » vient du fait que l’armature géographique et économique de Hakata se composait de sept boulevards, chacun comprenant une dizaine de cho. C’est en s’unissant tous ensemble qu’ils pouvaient préparer la fête onéreuse et exigeante en nombre de participants.
Un nagare se composait généralement d’une dizaine de cho, donc d’environ deux mille cinq cent personnes. Chaque nagare avait un représentant appelé tsuki-gyoji ; c’est lui qui dirigeait la réunion des aînés qui, chacun, représentaient leur cho. Tous les problèmes importants dépassant le niveau du cho étaient discutés lors de cette réunion. Le bon déroulement des relations entre les cho dépendait donc de cette réunion, et plus particulièrement du tsuki-gyoji. Mais celui-ci était incapable d’imposer son avis aux autres, puisque tous les aînés étaient égaux en qualité et qu’ils occupaient cette place à tour de rôle. En effet, l’appelation tsuki-gyoji signifie littéralement « l’arbitre pour un mois », puisque chacun n’assurait ce poste plus d’un mois.
Pendant l’époque d’Edo, Hakata faisait partie du Kuroda-Han (le territoire du seigneur Kuroda). Celui qui gouvernait Hakata était un samurai dont le poste était appelé machi-bugyo (« l’administrateur de la cité »). Au-dessous de celui-ci, tous les postes étaient assumés par les citadins eux-mêmes. Ils avaient deux chefs, appelés nen-gyoji, « l’arbitre pour une année ». Chaque nen-gyoji assumait ce poste pendant six mois avant dêtre remplacé par un autre. Et l’année suivante, les nouveaux nen-gyoji étaient élus parmi les aînés représentants les nagare. Malgré l’organisation pyramidale officielle dont le but était d’assurer la bonne marche de la vie politique de la cité, l’organisation politique de Hakata reposait, en fait, sur le principe d’égalité et d’autonomie des cho.
La signification religieuse de la fête de Hakata-Gion résidait dans la consécration des chars dans les temple shintoïstes, et leur tournée dans la ville pour la débarrasser de tous les mauvais sorts. Le moment crucial avait lieu le 15 juin du calendrier lunaire. De bon matin, avant le lever du soleil, les six nagare amenaient leur char devant le temple de Kushida. Au signal, à cinq minutes d’intervalle, chacun des six chars entrait dans la cour de Kushida pour y être consacré, avant de faire le tour de la ville. On considérait comme une humiliation qu’un char soit rattrapé par le suivant, c’est ainsi que les participants portaient et poussaient le char de toutes leur forces.
Je me suis retrouve aux premières loges a ce moment la , avec les photographes grace a une rencontre dans une boutique de photo.
Un photographe m`a aborde et nous avons sympathise.C`est un habitue du festival et un passionne.Il exposait dans une gallerie quelques unes de ses photographies du festival .
J`étais malheureusement très mal place et surtout pas équipe pour prendre de bonnes photos avec si peu de lumière.Mais le spectacle est impressionnant et je pense qu`il vaut mieux filmer en très haute définition et avec un bon micro car le paysage sonore est très riche: chants rituels et cris d`encouragement sont une partie importante du festival et rendent une ambiance très particulière.
Hakata-Gion-Matsuri

Hakata-Gion-Matsuri


Pour un appercu de l`ambiance sonore : SONDCLOUD

Chaque char devait parcourir cinq kilomètres, porté sur l’épaule par une trentaine de personnes et poussé par une vingtaine d’autres pour le faire avancer le plus vite possible. Il était d’usage, pour chaque Nagare, de demander de l’aide aux paysans vigoureux des villages voisins de Hakata.

Ce jour là était certainement le moment de la fête où se manifestait le plus d’enthousiasme ; mais ce n’était ni le premier ni le seul jour où les chars circulaient. À partir du premier juin, les habitants de chaque nagare portaient le char pour le faire tourner sur leur territoire, à savoir le boulevard et les rues qui leur appartenaient. Ceux qui avaient des postes à responsabilité devaient assister à la réunion presque chaque jour à partir du premier janvier, afin de préparer et de veiller au bon déroulement des festivités.
Autrefois, les chars étaient immenses : environ quinze mètres de haut et deux mètres et demi de large. Étant donné que les maisons n’étaient pas très hautes, les chars pouvaient être vus, dit-on, des villages alentours d’où les paysans partaient à Hakata pour venir les regarder. La caractéristique des chars ne résidait pas seulement dans leur taille, mais bien aussi dans leur ornementation ; ils étaient décorés d’une belle manière et de façon dramatique. Un char était considéré comme une sorte de scène ; les poupées ornées de dorures et de soieries étaient arrangées avec des accessoires, de sorte que chaque char représentait une scène du théâtre de kabuki ou un événement historique populaire. Ceux qui réalisaient la décoration du char fabriquaient, pendant leur temps libre, des poupées de Hakata en céramique, très appréciées partout au Japon.J`ai vu cette année un char star-war ! les artisans s`autorise toutes les fantaisies.
Si la fête était ainsi l’occasion d’une initiation esthétique et physique des citadins, elle était également l’occasion de leur apprentissage social. Quand un enfant naissait dans un des cho de Hakata, il participait à la fête dès son plus jeune âge, porté par son père. Quand il grandissait, il y participait en tant que membre de la classe des enfants : il courrait devant le char avec ses camarades, en portant une planche où figurait le nom du nagare auquel il appartenait. À quinze ans, c’est-à-dire l’âge adulte, il s’engageait en tant que membre à part entière : il aidait à la construction du char, le portait et le poussait lors du défilé ; il servait et desservait le banquet après chaque parcours. Ce rôle revenait aux hommes, car les femmes n’étaient pas autorisées à assister au déroulement de la fête8. À vingt-cinq ans, et s’il était considéré comme un personnage sérieux, il occupait le poste dit d’aka-tenogoi. Aka-tengui signifie littéralement « la serviette rouge », puisqu’il portait toujours la serviette rouge qui le distinguait des autres. Il y avait généralement trois aka-tengui pour chaque cho. C’est eux qui avaient la charge du bon déroulement de la fête. Ils dirigeaient la construction du char, et, au moment du défilé, ils commandaient les autres participants afin que le char circule rapidement et sans accident. Même dans la vie quotidienne, ils donnaient des conseils aux autres membres de leur cho.
Un aka-tenogoi restait à ce poste pendant une dizaine d’années environ. Quand il se mariait et avait des enfants, il perdait ce rang pour entrer dans la classe des aînés. Ces derniers prenaient en charge la bonne gestion du cho, en dressant le budget de la fête. Ils fixaient et collectaient la cotisation de chaque famille, dont le montant dépendait de leur richesse, et ils intervenaient pour résoudre des différends entre cho si nécessaire.

Lorsqu’une personne qui avait fait l’office d’aka-tenogoi mourrait, le char s’arrêtait lors de la fête devant la porte de la maison du défunt pour l’honorer. Ce n’était pas seulement les membres de son cho, mais bien tous les membres du nagare qui chantaient la chanson de la fête(祝いMEDETA 祝いめでた), pour rappeler son mérite sa vie durant. C’est ainsi qu’un homme naissait dans le cho, y grandissait et y mourrait. Même aujourd’hui, quand on demande aux gens la raison de leur participation, la plupart d’entre eux répondent que leur vie entière se trouve dans la fête, voire que la fête est leur vie. La fête donnait ainsi un exemple idéal de vie et de mort à tous ses participants. C’était sans aucun doute la principale raison pour laquelle ceux-ci s’y consacraient entièrement.
Pour ecouter le chant: YOUTUBE

Si la fête de Hakata-Gion attire aujourd’hui plus d’un million de spectateurs, la fête d’autrefois pouvait, elle aussi, attirer les foules, comme l’a écrit un grand savant de l’époque d’Edo, Kaibara Ekken :

La fête de Gion se déroule le 15 juin. Ce jour-là, il y a également une représentation du nô. Les citadins fabriquent de grands chars pour les faire circuler dans la ville. […] Pendant le déroulement de la fête il n’y a pas que les populations alentours, mais bien aussi les hommes et femmes des pays voisins, qui viennent y assister. Ils y descendent pour passer quelques nuits. […] Une fête comme celle-ci qui attire de si nombreux spectateurs est très rare, même dans les autres pays (Kaibara 1988).

Ce charme, cette force attractive de la fête, étaient appréciés des citadins. Ils la considéraient comme indispensable au développement de leurs activités commerciales. Cependant, à l’époque d’Edo, la classe régnante était celle des samurai , dont le revenu provenait principalement des produits agricoles dont la quantité exploitable avait été fixée à l’avance. L’épargne était la règle absolue du règne des samurai et la classe dominante du Kuroda-han essaya plusieurs fois d’interdire l’exécution de la fête, ou au moins, de diminuer la dépense nécessaire à son exécution. À chaque fois qu’un règlement obligeant à faire des économies était publié, les citadins envoyaient une lettre dans laquelle ils déclaraient que la prospérité de leur cité s’éteindrait si la fête n’avait pas lieu (Hakata Yamakasa Kiroku 1975 : 36, 45).

L’époque d’Edo fut une époque austère. Pendant plus de deux siècles, la classe régnante interdit le libre-échange avec les pays extérieurs. Hakata qui avait été prospère grâce au libre échange avec la Chine et la Corée devint une cité fermée dont les revenus consistaient dès lors dans l’extraction de ressources matérielles des villages et des petites villes alentours. Dans une telle situation, plus la fête devenait somptueuse et spectaculaire, plus il y avait de spectateurs et donc de consommateurs, qui venaient y participer. La fête était dans ce sens un appareil hégémonique que la cité marchande de Hakata élaborait pour imposer sa domination culturelle et économique sur les populations voisines35795574446_642ed78484_b.jpg35026371293_ea455f3d04_b.jpg9663469990_eff0664801_b.jpg
En 1868, le shogounat s’effondra et fut remplacé par le gouvernement de Meiji. Ce nouveau gouvernement tenta de centraliser tous les pouvoirs jusqu’alors partagés par les différentes entités sociales : le pouvoir politique était aux mains des samurais, tandis que le pouvoir économique était tenu par les commerçants. Ainsi, au niveau social, le nouveau gouvernement abolit la distinction des classes héréditaires pour recruter les administrateurs en fonction des résultats d’un examen normalisé par l’État. Au niveau économique, le gouvernement créa la banque nationale qui unifia la monnaie et put dès lors surveiller les activités des banques secondaires. Au niveau de l’éducation, il promulgua une loi-cadre en vertu de laquelle toutes les écoles devaient assurer la formation des enfants. Enfin, au niveau religieux, il établit par décret le shintoïsme étatique, auquel tous les Japonais devaient adhérer, dans le but d’instaurer une conscience nationale et d’empêcher la pénétration des religions étrangères, tel que le christianisme. Tous les temples furent organisés de manière hiérarchique les uns par rapport aux autres, et non considérés comme égaux et équivalents, ce qui était le cas auparavant. Il uniformisa les rituels effectués dans tous les temples shintoïstes et les prêtres des temples shintoïstes devinrent des fonctionnaires rétribués par l’État (Murakami 1970 : 118 sq.).

Au cours de ce processus de centralisation, la fête de Gion fut interdite trois fois et chaque fois qu’elle fut interdite, les citadins de Hakata protestèrent vivement, de sorte que la fête reprenait peu après. Nous pouvons remarquer une grande différence autant entre les arguments soutenant l’interdiction de la part du gouvernement central et/ou local et ceux soutenant la contestation de la part de la société locale qu’entre ceux de la première interdiction et ceux de la deuxième ou de la troisième interdiction.
La fête de gion reprit donc en 1883, mais elle fut de nouveau l’objet d’une interdiction en 1897. Cette fois-ci, pourtant, l’interdiction ne vint pas de l’extérieur, mais de l’intérieur de la cité, de la part des grands entrepreneurs, tel que les banquiers et les patrons des maisons du commerce extérieur. Ceux-ci prétendirent que la fête de gion risquait de couper la ligne électrique qui venait d’être installée dans la ville cette année-là. Ils prétendirent également que la fête, réalisée par des hommes presque nus, n’était que la manifestation d’une barbarie qui entachait la réputation de la cité. Ils exercèrent une pression telle sur les conseillers municipaux, que ceux-ci votèrent l’interdiction de la fête juste avant de son déroulement (Hakata Yamakasa Kiroku 1975 : 98).
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Les enfants participent les premiers jours .Portent-drapeux de leurs Nagare respectifs , ils prennent très au sérieux leur mission et montrent fièrement leurs panneaux de bois sur lesquels sont calligraphies les noms de leurs Nagare respectifs.
Pour comprendre l’arrière-plan de cette mauvaise intention de la part des grands entrepreneurs, il faut jeter un œil à l’évolution économique japonaise de l’époque. À la suite de la guerre contre la Chine en 1894-95, le Japon reçut une indemnité considérable. Le gouvernement japonais choisit d’investir cette somme dans un secteur productif, l’industrie, en vue d’opérer sa révolution industrielle. Le résultat fut favorable. Entre 1895 et 1904, le nombre des entreprises tripla, le montant total des capitaux de toutes les entreprises japonaises quadrupla, et la production du fil de coton fut multiplié par trois (Inoue 1968 : 96). Ainsi fut franchie la première étape de la révolution industrielle. Les entrepreneurs de la cité de Fukuoka ne voulurent pas regarder avec indifférence cette vague favorable au développement économique. Ils s’engagèrent alors dans la modernisation du secteur économique : en organisant la première grande foire qui couvrit toutes les îles de Kyushu en 1887, et en construisant un chemin de fer entre Fukuoka et Tsikugogawa, en 1889.
La différence entre la première et la seconde interdiction apparaît nettement. La première vient de l’extérieur, au nom d’un gouverneur envoyé par le gouvernement central. En raison du shintoïsme étatique que le gouvernement tentait de constituer, ce gouverneur critiqua alors les pratiques locales qui dépensaient, d’après lui, trop de richesses. Face à cette critique, les citadins insistèrent sur l’objectif de la fête, à savoir de respecter le dieu ; ils prétendirent ainsi que leurs pratiques étaient adéquates, au moins admissibles, puisqu’elles n’étaient pas en contradiction avec le principe du shintoïsme étatique.
l’hostilité envers la fête de gion surgit de nouveau en 1910. Cette fois, l’interdiction, ou plus exactement la proposition d’un changement total des modalités du déroulement de la fête, fut de nouveau avancée de l’intérieur. Le maire de la cité de Fukuoka13 exprima officiellement le peu d’estime qu’il avait pour la fête :

La fête de Gion doit-elle continuer encore ? Même s’il est vrai qu’elle contribue à attirer les spectateurs extérieurs, est-il possible de faire face à son énorme dépense ? Aujourd’hui, le tramway qui peut transporter les étrangers s’est installé. Je me permets donc de proposer l’abolition de la fête, ou le cas échéant, d’interdire la tournée des chars dans la ville, afin d’éviter la coupure de la ligne électrique du tramway (Quotidien de Fukuoka, 10/6/1910).

L’un des plus grands entrepreneurs du Fukuoka, du même avis, proposa de faire une ronde des chars, non pas dans la cité mais dans un parc suburbain.
Ces propositions eurent un double effet. Elles remirent en question la logique économique traditionnelle selon laquelle la fête contribuerait au développement économique de la cité, en soulignant le risque de coupure de la ligne électrique du tramway, et recommandèrent aux commerçants de Hakata de repenser l’efficacité économique de la fête et d’inventer de nouvelles modalités susceptibles d’attirer plus de consommateurs. Mais ces propositions eurent un effet autre et plus profond, qui touchait directement au principe même de la société moderne. Au fond, ce qu’elles remettaient en question n’était pas la logique économique, mais la logique d’administration de la cité, autrement dit, la logique touchant à l’organisation publique.

Si l’on étudie de près l’évolution de la fête de Hakata, il est possible d’y reconnaître les traits caractéristiques de la profonde transformation du système social appelée « modernisation » qui frappa toute la société japonaise. Au cours de ce processus, le gouvernement s’empara de toutes les fonctions que la société locale avait gardées au temps pré-moderne. Avant la mise en route de ce processus de modernisation, c’était par les cho concernés que l’infrastructure de la cité pouvait se maintenir ; désormais, c’était à la municipalité que revenait la charge d’assumer le maintien et la réorganisation de ces infrastructures. Auparavant, les enfants et les jeunes de la cité recevaient leur formation esthétique, physique et sociale au cours de leur participation à la fête ; désormais, cette fonction revenait aux écoles dites publiques. Avant, la prospérité de la cité était réalisée par la fête, en tant qu’appareil hégémonique imposant sa domination économique sur les villages et les villes alentours ; dès lors, la prospérité de la cité ne pouvait être réalisée que par un énorme investissement de la part du gouvernement qui installa le tramway et construisit des usines d’État.

Ainsi, la société locale, qui avait gardé une sorte d’autonomie, perdit toute son indépendance envers le gouvernement central. Elle ne subsistait qu’en tant que province de l’État tout puissant. Et la population locale qui avait alimenté le sens fort de la collectivité en réalisant la fête transférait cette signification à l’État.
En 1941, à la veille de la participation japonaise à la seconde guerre mondiale, un fameux folkloriste japonais, Yanagita Kunio, donna une série de conférences à l’université de Tokyo sous le titre « La fête japonaise ». À la fin de ses conférences, il mis l’accent sur la notion de « collectivité » vécue de façon très forte par les Japonais, qui était alimentée, d’après lui, par la réalisation de la fête :
Je pense que la « reconnaissance » était le principe le plus important de la vie religieuse au Japon, pays divin et incomparable dans le monde. Il va sans dire que toute la population japonaise doit témoigner un respect infini envers les grands temples shintoïstes vénérés par la famille impériale. D’un autre côté, celle-ci approuva officiellement, sans exception, tous les temples shintoïstes vénérés par le peuple japonais, envoya un messager et fit consacrer un édit par un de ses administrateurs aux temples les plus importants. […] C’est par là que l’unification de la culture dite mentale de notre nation s’est réalisée.
Il n’est pas difficile d’indiquer le contresens intentionnel de Yanagita, puisque nous savons maintenant que l’unification de la culture et de la mentalité chez les Japonais est née de la mise en place du shintoïsme étatique. La conformité de toutes les pratiques religieuses des Japonais qui a rendu l’unification possible n’était pas quelque chose de traditionnel comme Yanagita voulut le démontrer, mais quelque chose imposé, voire inventé par le shintoïsme de l’époque Meiji.
Aujourd’hui, les fêtes citadines japonaises, y compris la fête de gion de Hakata, sont extrêmement appréciées. Non seulement elles attirent de nombreux spectateurs et participants, mais elles sont aussi considérées comme des facteurs facilitant la vie collective au sein d’une population qui devient plus en plus individualiste.
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Sangenjaya

Un village de Tokyo

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

Sangenjaya

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SlowChat

Des bouteilles à travers les océans

Une application efficace et amusante qui me permettra de faire des nouvelles rencontre l'été prochain :

SlowChat

SlowChat n'est pas une application de messagerie classique.
Les messages reçus apparaissent sur une carte et se déplacent lentement dans votre direction.
Les messages peuvent être lus quand ils arrivent à votre position actuelle.

Envoyer un message au hasard et recevoir des réponses de tous les pays.

Parler de Murakami avec une Japonaise à Osaka ou de St Petersbourg avec une russe...
Et c'est gratuit.

Posté par Pascalev 00:38 Archivé dans France Commentaires (0)

Tokio blues

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Posté par Pascalev 09:12 Archivé dans Japon Commentaires (0)

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